Ulrich Robeiri: «C’est le bon moment pour arrêter»

Interview avec l’épéiste français Ulrich Robeiri apres sa decision de mettre un terme à sa carrière.

 

Sept fois Champion du monde dans l’epée (dont une en individuelle),  Champion olympique par équipes en 2008, le français Ulrich Robeiri, a décidé de mettre un terme à sa carrière apres le Trophee Monal .

À l’âge de 33 ans, un des plus grands escrimeurs français laisse son trône à une nouvelle génération: il s’est confié à Pianeta Scherma, en révélant ses sentiments, les dessous de son choix, ses espoirs pour le futur, sien et de l’escrime française.

Quand et pourquoi vous avez pris la décision de prendre votre retraite? 

Ma décision d’arrêté l’escrime était prise depuis très longtemps, quand j’ai décidé de continuer après 2012, je savais que je n’irai pas au-delà de 2016. Bien sûr, mon objectif était d’arrêter après les JO de Rio mais malheureusement je n’y suis pas parvenu. Depuis 2012, je sens qu’année après année tout est plus difficile sur la piste, je ne suis plus aussi rapide, plus aussi endurant qu’avant. Physiquement, c’est beaucoup plus difficile qu’avant même en travaillant encore plus. J’ai conscience que je ne suis plus en mesure de tirer pour gagner des compétitions comme je l’ai toujours fait. Mais c’est surtout l’envie de passer à autre chose, une grande partie de ma vie tourne autour de l’escrime, c’est donc le moment de changer.

Il a été difficile de prendre cette décision?

La décision n’a pas été spécialement difficile à prendre, car je sens que c’est le bon moment pour arrêter. Cependant, ça fait presque 20 ans que je m’entraine quotidiennement donc cela fait beaucoup de changement d’arrêter du jour au lendemain, cette sensation est assez étrange. Au-delà des entrainements et des compétitions, l’escrime ça a été beaucoup de bon moment passé avec mes amis et beaucoup de rencontre.

Quels sont vos projets pour l’avenir?

Je travaille depuis plus de 6 ans en tant qu’ingénieur informatique, ma reconversion professionnelle est déjà assurée. Cependant, il me faudra autre chose pour m’épanouir pleinement, j’ai besoin de passion et d’adrénaline. Je ne sais pas encore mais je sais que je vais devoir me lancer dans une activité, peut-être un autre sport de combat, ma fin de carrière est tellement récente qu’il me faut encore du temps.

Si vous pouviez revenir en arrière dans le temps, vous feriez tout ou y-a-t-il quelque chose que vous changeriez?

J’ai eu quelques passages difficiles dans ma carrière mais je crois que cela fait partie de ma personnalité. Certains échecs ont influencé mon parcours et m’ont parfois amené vers des victoires. Il y a quelques matchs que j’aurai aimé gérer autrement, par exemple aux Jeux Olympiques en 2008 mais bon, c’est ainsi, tout va tellement vite parfois dans notre sport. J’aurais surement pu mieux faire mais on ne peut pas tout faire tout seul, la vie est aussi faite de rencontre, il faut être entouré des personnes qui peuvent nous faire avancer.

Qui a été l’adversaire le plus coriace avec qui vous avez tiré?

Il y en a eu tellement ! J’ai rencontré beaucoup d’excellents tireurs, j’ai du mal à les départager, la liste est trop longue !

Vous resterez dans le monde de l’escrime ou vous allez changer complètement votre vie?

Pour l’instant, je ne sais pas vraiment. Actuellement, j’ai un métier qui n’a rien à voir avec l’escrime donc je ne vais pas travailler dans l’escrime comme entraineur par exemple. Cependant, je réfléchis à une façon de rester en contact avec le monde de l’escrime. J’ai passé beaucoup de temps à réfléchir sur tous les aspects de notre sport, comment mieux m’entrainer, comment être performant en compétition. J’aimerai pouvoir partager toutes ces réflexions mais pour l’instant, je ne sais pas de quelle manière je pourrais le faire.

Vous avez vu plusieurs générations d’épéistes français, qui était le plus fort? 

L’escrimeur le plus doué que j’ai pu côtoyer était sans hésitation Fabrice Jeannet, il donnait l’impression que tout était facile. Je pense qu’on pouvait le réveiller au milieu de la nuit pour un match et on ne verrait pas de différence. Sa capacité à répondre présent lors des grands évènements et les moments clés du match était impressionnante. C’est le tireur le plus imprévisible que je connaisse, on ne peut pas prédire à l’avance comment va se passer un match contre lui.

Et l’équipe la plus forte?

L’équipe la plus forte, peut-être celle de 2008 avec Fabrice Jeannet, Jérôme Jeannet , Jean-Michel Lucenay et moi. Nous avions gagné cette année-là, les championnats d’Europe et les Jeux Olympiques. Nous étions arrivé au terme d’un cycle de 4 ans et nous connaissions parfaitement comment évoluer ensemble.

Qui pensez-vous sera votre «successeur» dans l’épée française?

Il y a déjà des tireurs  comme Daniel Jérent et Yannick Borel qui ont montré qu’ils pouvaient être très performants.  Ils ont le potentiel pour gagner un championnat du monde mais après, c’est à eux d’écrire leur propre histoire… Et puis, il y a surement d’autres tireurs qui vont se révéler après mon départ.

Et surtout, quel France laissez-vous?

Il y aura beaucoup de changement l’année prochaine, des tireurs expérimentés arrêteront et il y aura de nouveaux entraineurs. Par exemple, Jean-Michel Lucenay, Gauthier Grumier et moi sommes les derniers tireurs qui ont été entrainé par Michel Sicard et Stéphane Riboud. Ce sont deux entraineurs qui ont énormément influencé l’escrime que nous pratiquons et notre mentalité sur la piste. Quand je suis arrivé au centre d’entrainement national, j’ai beaucoup appris en regardant s’entrainer et en écoutant les conseils des tireurs expérimentés du groupe. Par la suite, j’ai essayé de transmettre à mes partenaires d’entrainement ma vision du jeu, l’exigence que l’on doit avoir au quotidien et l’entraide que l’on doit avoir dans un groupe d’entrainement.L’histoire des futurs tireurs sera forcément différente de la mienne, mais le groupe de l’équipe des Frances est toujours très fort. Si ils continuent de travailler de cette manière et en gardant la même mentalité, il y aura forcément des résultats positifs.

Il y a un match qui vous vous souvenez avec émotion particulière?

Ma victoire aux championnats du monde individuel de Kazan a été quelque chose de particulier. J’ai tiré en final sur le coréen Park Kyoungdoo, on s’était rencontré 3 fois auparavant et j’avais toujours perdu. Mais je sentais que je pouvais gagner ce jour-là, je ne voulais pas laisser passer ma chance. J’ai gagné de nombreuses coupe du monde mais je n’éprouvais de satisfaction  totale, je sentais que je recherchais autre chose. Quand j’ai gagné à Kazan, j’ai senti que c’était cette victoire que je recherchais toutes ces années.

Que signifie l’escrime pour vous?

L’escrime rythmait ma vie depuis des années, non seulement mon calendrier était dicté par l’escrime mais je pensais aussi constamment à la façon de m’améliorer. J’ai toujours été dans une pratique pour la recherche de la performance. Même si je m’amuse beaucoup quand je tire, je pense toujours à ce que je pourrais faire de mieux. La beauté de l’escrime et en particulier l’épée, est que c’est un sport où tout le monde à sa chance. Chacun peut y exprimer ces qualités : techniques, physiques, tactiques… il y a beaucoup de paramètres qui peuvent déterminer le résultat d’un match. C’est ce qui rend ce sport très difficile.

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